Il existe un seul circuit automobile permanent en Suisse. Il se trouve à Lignières, dans le Jura bernois. Et c'est précisément là que Mazda avait donné rendez-vous pour nous rappeler les rudiments de la conduite… et du plaisir.
Le programme de la journée avait été pensé pour explorer Mazda sous des angles qu'on a rarement l'occasion de tester ensemble. Encadrés par des instructeurs du TCS, les participants - clients comme journalistes - sommes passés par trois ateliers bien distincts, chacun révélant une facette différente de la marque japonaise.
Premier exercice : freinage d'urgence et évitement d'obstacle sur piste mouillée. L'exercice classique, mais toujours aussi instructif - sentir la voiture perdre puis retrouver son adhérence, comprendre les limites réelles d'un véhicule plutôt que de se fier aux chiffres d'un prospectus. Puis, changement complet de registre avec un parcours off-road, suivi d'une session de conduite dynamique sur le circuit lui-même. Trois ambiances, trois exigences différentes, sur la même journée et avec la même gamme de voitures.
Le off-road en SUV : la surprise du jour
C'est sans doute l'atelier qui a le plus surpris. Le off-road en SUV reste un exercice rare, la plupart des SUV compacts actuels sont pensés pour la ville et la route, avec une garde au sol et des aides électroniques qui suffisent à peine pour un chemin de campagne un peu défoncé. Le CX-30 et surtout le CX-5 ont pourtant démontré des capacités réellement convaincantes sur un parcours pourtant exigeant.
Rondins de bois à franchir, dévers latéraux marqués, buttes prononcées et passages à gué simulés : le tracé ne faisait aucun cadeau. Et pourtant, les fonctions tout-terrain intégrées se sont révélées particulièrement pratiques à l'usage, comme la gestion électronique de la motricité. Rien d'un franchisseur pur et dur, bien sûr, mais une compétence réelle qui dépasse largement ce qu'on attend habituellement d'un SUV familial. Le CX-5 se paie aussi le luxe de disposer d’une assistance à la descente ainsi que d’une caméra sous le plancher de la voiture, de quoi voit ce qui se passe en-dessous du véhicule. De quoi rassurer ceux qui, sans être des aventuriers du dimanche, aiment savoir que leur voiture ne les laissera pas en plan au premier chemin caillouteux. Il va sans dire qu’il convient de disposer d’un modèle quatre roues motrices pour s’essayer aux sorties de chemins balisé.

Le moment fort : quatre générations de MX-5 réunies
S'il fallait retenir une image de cette journée, ce serait celle-ci : les quatre générations de Mazda MX-5 alignées côte à côte, de la toute première NA des années 90 jusqu'à la génération actuelle qui n’a, malgré son âge, pas pris une ride. Voir cette continuité stylistique et philosophique déployée dans le temps, c'est comprendre à quel point Mazda est restée fidèle à une idée simple et increvable : le plaisir de conduite ne nécessite ni puissance démesurée, ni technologie envahissante.
Et puis il y a eu les tours de piste. Au volant de la MX-5, sur le seul circuit permanent de Suisse. Difficile de trouver un contexte plus approprié pour redécouvrir ce que cette voiture sait faire depuis plus de trente ans.

Le geste de l'artisan : la culture « Takumi » de Mazda
Cette fidélité à une idée simple n'a rien d'un hasard. Elle découle d'une culture que Mazda revendique depuis longtemps : celle du takumi, le maître artisan japonais, pour qui la perfection se joue dans des détails que personne ne remarquera consciemment, mais que tout le monde ressent. Chez Mazda, cela se traduit par un attachement presque têtu au travail de la main et de l'œil. Les formes de la gamme Kodo sont encore sculptées et affinées à la main par des modeleurs, jusqu'à ce que la lumière glisse sur la carrosserie comme l'artisan l'avait imaginé. La célèbre teinte Soul Red, elle, est le fruit d'un travail de peintres obsédés par la profondeur et l'éclat de la couleur. Et derrière la philosophie Jinba Ittai, cette idée d'unité entre le cheval et son cavalier qui a présidé à la naissance de la MX-5, on retrouve la même exigence : ne rien ajouter qui n'ait de sens, et soigner tout ce qui touche le conducteur. Dans une industrie qui se numérise et se standardise à marche forcée, Mazda continue de cultiver cette singularité, et on la ressent d'autant mieux après une journée à enchaîner les voitures de la gamme. J’ai été ravi de découvrir que cela se retrouve encore dans certains modèles récents, comme la nouvelle 6e au design et à l’habitacle sublime, en particulier dans sa teinte caramel. Le CX-6e limite presque à la perfection, dommage que l’immense écran vienne quelque peu gâcher le coup de crayon de l’habitacle.
La MX-5 : quand une voiture vous fait tomber amoureux
Il faut le dire simplement, sans détour ni pudeur excessive : ce fut un pur régal. La glisse de la MX-5 est d'une agréabilité rare ; jamais brutale, jamais effrayante, toujours communicative. Cette voiture est amiable au sens le plus littéral du terme : elle vous met immédiatement en confiance, elle dialogue.
Et elle est amusante. Terriblement amusante. Ce genre de plaisir simple, immédiat, qu'on croyait presque disparu dans un monde automobile obsédé par la puissance et les chiffres. Après cette session sur circuit, le constat est sans appel : c'est un vrai coup de cœur pour cette voiture. Une petite mécanique qui n'a rien à prouver à personne, et qui pourtant réussit à convaincre plus sûrement que bien des supercars.

Merci à Mazda pour cette journée qui aura permis de redécouvrir une gamme sous toutes ses facettes, capable en toute condition, mais qui garde, quelque part sous son capot le plus modeste, cette étincelle de plaisir pur qui a fait sa réputation depuis des décennies.




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