Pendant des années, Renault a essayé. Parfois trop fort, parfois à côté. Du premium revendiqué, rarement assumé jusqu’au bout. Avec le Rafale, la marque au losange remet une pièce dans la machine. Et pour une fois, la question n’est pas “pourquoi encore ?” mais plutôt “pourquoi pas ?”
Le Renault Rafale n’arrive pas par hasard. Il arrive après les échecs consécutifs de la Safrane, de la Vel Satis et de la Latitude, puis des tentatives moyennement convaincantes qu’ont été la Talisman et le Koleos, dans un moment où Renault cherche clairement à monter en gamme, à gagner en crédibilité, et surtout à arrêter de s’excuser d’exister face aux marques dites premium. Le Rafale n’est pas là pour jouer les alternatives sympathiques. Il veut s’imposer. Et dès le premier regard, on comprend que Renault a changé de ton.
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Un design qui assume enfin son ambition
On peut le dire d’emblée : le Rafale a de la gueule. Vraiment. Sa ligne est dynamique, anguleuse, musclée, mais jamais lourde. Elle impose sans écraser. Le genre de voiture qui ne cherche pas forcément à être aimée par tout le monde, mais qui assume une présence. Et ça, dans ce segment, c’est essentiel.
Ce qui frappe surtout, ce sont les détails. Les logos intégrés dans la calandre ou dans les optiques, les bas de caisse peints — un soin que même certains constructeurs premium négligent aujourd’hui (n’est-ce pas Audi et Mercedes?) — donnent au Rafale une vraie sensation de produit abouti. Pas de fausse sportivité, pas d’esbroufe. Juste une exécution sérieuse, précise, presque appliquée. On sent une volonté claire : ne plus faire “comme si”, mais faire bien. La ligne de pavillon plongeante, une poupe racée et des passages de roues marqués complètent cet arsenal. Finalement, le bleu Alpine mat lui va à ravir, il faut le dire.

À bord : plus aucun complexe
L’intérieur confirme immédiatement l’impression laissée par l’extérieur. Le design est réussi, l’agencement logique, et surtout, la qualité perçue est au rendez-vous. Les matériaux sont flatteurs, les assemblages rigoureux, et l’ambiance générale inspire confiance. On n’a jamais l’impression d’être dans une Renault qui se rêve autre chose. On est simplement dans une belle auto.
Le système multimédia est bien intégré, fluide, intuitif. Les touches de raccourci — enfin — rendent l’interaction naturelle et évitent de s’énerver pour un simple réglage. Tout tombe sous la main, sans que l’ergonomie devienne démonstrative. À ce niveau, il n’y a objectivement rien à envier aux références premium actuelles, bien au contraire. Et c’est probablement le plus grand compliment qu’on puisse faire à Renault aujourd’hui.
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Sur la route : un vrai voyageur, mais un faux sportif
Soyons clairs d’emblée : malgré sa finition Alpine, le Rafale n’est pas une voiture de sport. Il joue une autre partition, celle du grand voyageur. Le confort est remarquable, vraiment. Suspension douce, insonorisation soignée, assise confortable : les kilomètres s’effacent sans effort. Le moteur hybride est performant, toujours disponible, et surtout très sobre. On avance vite, sans jamais avoir l’impression de forcer.
L’agrément de conduite, en revanche, reste assez neutre. La direction n’invite pas à l’attaque, le châssis ne cherche pas à dialoguer avec le conducteur. C’est probablement un choix, mais on aurait peut-être attendu un brin de dynamisme en plus au vu de la finition.
En ville, son gabarit pourrait inquiéter, mais les quatre roues directrices font un travail remarquable. La maniabilité surprend, les manœuvres deviennent presque triviales. Et même à batterie vide, le système hybride conserve toujours un peu d’énergie pour soutenir le trois cylindres, qui serait clairement insuffisant seul. Ici encore, l’intelligence du système prend le dessus sur la performance brute.


Pas une révolution, mais une vraie réussite (8/10)
Le Renault Rafale E-Tech n’est pas une voiture spectaculaire, mais elle n’en est pas moins une proposition convaincante.
C’est une voiture cohérente, bien dessinée, bien construite, confortable, efficiente, et proposée à un prix relativement compétitif. On regrettera simplement son comportement un peu pataud et un moteur qui aurait mérité un cylindre de plus pour un meilleur agrément. Mais c’est une auto qui applique enfin ses codes avec sérieux. Renault ne signe pas ici un coup d’éclat. Elle signe quelque chose de plus rare : une voiture crédible. Et après tant d’essais manqués, c’est peut-être sa plus belle victoire.
Merci à Renault Suisse pour le prêt du véhicule






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