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Honda Civic Type R : Plus mature, mais toujours aussi entière.

25 Juin, 2026

Ecrit parMattia Cuccu

J'adore conduire des voitures pour le plaisir, c'est pourquoi j'ai fondé ce magazine digital en 2023 avec mon ami Mattia Ceccarelli. Porsche et Ferrari font les meilleures voitures du monde (bientôt en essai ici). J'aime les voitures bien conçues et surtout qui procurent de l'émotion.

Depuis 1997, Honda redéfinit ce qu’une traction avant peut vraiment offrir, génération après génération, sans jamais perdre de vue l’essentiel : le plaisir pur. Cette cinquième itération internationale, basée sur la onzième Civic, arrive avec une ligne plus posée, presque sage à première vue. Mais derrière cette apparente retenue se cache la même promesse intacte — celle d’une voiture taillée pour faire sourire dès les premiers virages.

Il y a des voitures dont on dit qu’elles n’ont rien à prouver. La Civic Type R n’en fait pas partie — et c’est justement ce qui la rend si attachante. Depuis 1997, chaque génération a tenté de repousser un peu plus loin ce qu’une traction avant compacte est censée pouvoir faire. Cette cinquième itération internationale, basée sur la onzième Civic apparue en 2023, arrive avec une ligne plus posée et un objectif limpide : prouver, une fois de plus, qu’on peut être raisonnable sur le papier et complètement déraisonnable sur la route. On a embarqué pour voir si la promesse tient.

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Design : l’agressivité en sourdine

Premier constat : Honda a rangé une partie du vocabulaire tuning. Moins d’ailerons criards, moins de jupes agressives, la Type R adopte un dessin plus mature, presque discret au premier coup d’œil — au point qu’on pourrait presque la confondre avec une Civic bien née, si l’on ne s’attardait pas un peu. Mais à bien y regarder, l’ADN sportif n’a pas disparu — il s’est juste raffiné, comme quelqu’un qui aurait appris à faire moins de bruit pour en dire davantage. L’aileron en carbone, par exemple, n’est pas là pour la photo : il génère une centaine de kilos d’appui à 200 km/h, ce qui en dit long sur les ambitions de la voiture une fois lancée sur l’autoroute, et plus encore sur une route de col. La triple sortie d’échappement centrale et les bas de caisse très travaillés achèvent de planter le décor, sans jamais tomber dans la démonstration gratuite. On est loin du cri, plus proche du murmure qui sait — et qui ne s’en cache pas — qu’il peut hurler quand il le faut.

Sous des airs sages, une carrosserie qui n’attend qu’un virage pour se révéler.

Intérieur : du racing avec quelques compromis

La planche de bord reprend les codes des dernières productions Honda : classique dans son architecture, mais redoutablement efficace dans son utilisation. On regrette toutefois que la qualité perçue ne soit pas tout à fait au niveau de ce que propose un CR-V, ou même la nouvelle Prélude — le haut de planche en plastique dur fait un peu tache dans une voiture à ce tarif. Heureusement, le reste rattrape largement le tir. Les sièges en daim rouge, montés de série, donnent immédiatement le ton, et le volant — dans une matière similaire — est un plaisir à empoigner. Le pommeau de levier de vitesses en aluminium, lui, est une petite œuvre d’art à lui seul : froid au toucher, parfaitement dimensionné, il a ce petit côté racing qui fait sourire chaque fois qu’on pose la main dessus.

Autre détail qui mérite d’être souligné : le combiné d’instruments change d’apparence selon le mode de conduite sélectionné, avec des LED façon Formule 1 qui s’allument en haut du volant. Elles arrivent peut-être un peu tard dans la montée en régime, mais l’effet reste réussi — on se surprend à guetter leur apparition à chaque accélération un peu franche.

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Daim rouge, alu froid et LED façon F1 : l’habitacle ne cache pas ses ambitions.

Au volant : fun, jusqu’à l’excès

Sur route sinueuse, la Civic Type R est tout simplement fantastique. La suspension, très ferme — même en mode confort, qui reste un nom un peu optimiste — transmet chaque information de la route avec une précision chirurgicale. Le moteur 2.0 VTEC turbo de 329 chevaux souffre d’un léger temps de réponse à bas régime, mais passé 3’000-4’000 tours, il décolle littéralement et ne lâche plus. La boîte manuelle à six vitesses, elle, est un régal — courte, précise, mécanique dans le meilleur sens du terme. On comprend en quelques kilomètres pourquoi cette voiture est souvent citée parmi les meilleures tractions manuelles jamais produites.

En ville, en revanche, le tableau est moins glorieux. La voiture est aussi large qu’une BMW M3, le rayon de braquage est conséquent, et la dureté de la suspension se rappelle à chaque pavé. Ce n’est clairement pas son terrain de jeu — mais on lui pardonne volontiers, tant elle se rattrape dès que la route commence à serpenter.

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Sur une route de montagne, la Type R retrouve enfin son terrain de jeu.

Conclusion : la sagesse en façade, la passion sous le capot. (8/10)

Cette cinquième génération internationale de la Civic Type R n’est pas parfaite : la qualité de certains matériaux pourrait être meilleure, et son tempérament citadin laisse clairement à désirer. Mais ce sont là des détails face à ce qu’elle propose une fois sur une belle route de montagne.

Design plus mûr, châssis communicatif, moteur qui prend feu passé 3’500 tours, boîte manuelle d’anthologie : la Type R reste une voiture faite pour faire plaisir, point final. Et dans un monde qui glisse vers les boîtes automatiques et les SUV électriques, ce genre de proposition mérite d’être célébré tant qu’elle existe encore.

Merci à Honda Suisse pour le prêt de cette voiture.

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