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Honda Prelude : un retour tout en style

7 Juin, 2026

Ecrit parMattia Cuccu

J'adore conduire des voitures pour le plaisir, c'est pourquoi j'ai fondé ce magazine digital en 2023 avec mon ami Mattia Ceccarelli. Porsche et Ferrari font les meilleures voitures du monde (bientôt en essai ici). J'aime les voitures bien conçues et surtout qui procurent de l'émotion.

Honda ressuscite un nom culte avec une technologie inédite — une hybride à l’envers qui entraîne les roues à l’électrique et recharge au thermique. Le résultat : un coupé agile, bien fini, franchement plaisant à conduire, et vendu à un prix qui fait réfléchir plus d’un amateur de belles mécaniques. Le retour du coupé japonais se méritait. Le voici.

Il y a des noms qui font quelque chose à l’estomac des amateurs de voitures. La Prelude en fait partie. Retiré de la circulation en 2001, le coupé japonais revient aujourd’hui avec un argument de taille : une motorisation hybride à rebours de tout ce qu’on connaît, une ligne taillée au couteau et l’ambition affichée de séduire à nouveau ceux qui aiment conduire pour de bon. On a pris les clés. Le Valais, ses cols et ses tunnels feront office de terrain de jeu.

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Design : le coup de crayon qui convainc

La nouvelle Honda Prelude ne ressemble pas à grand-chose d’autre dans le catalogue Honda, et c’est tant mieux. Sa ligne de toit fuyante, son arrière proprement dessiné avec une bande lumineuse qui rappelle — sans honte, aucune — certains coupés de Stuttgart, et surtout cette face avant acérée comme une lame de rasoir : l’ensemble a de la gueule. On sent que quelqu’un, quelque part dans les bureaux de style de Honda, avait envie de bien faire. Le seul (petit) bémol vient du profil : le capot est un poil court, ce qui confère à la voiture une silhouette légèrement trapue là où un museau plus allongé lui aurait donné l’élégance altière des grands coupés. Un détail, certes — mais à ce niveau de soin apporté au reste, on remarque.

Sa face avant acérée comme une lame de rasoir, son arrière presque Porsche : Honda avait visiblement envie de bien faire.

Intérieur : l’ordre règne, avec quelques réserves

À bord, on retrouve ce classicisme Honda qui rassure avec, de sucroìt, une excellente qualité de fabrication : des plastiques doux au toucher, des commandes physiques (merci), une finition soignée et ce petit insert à effet papier japonais qui apporte une touche d’identité culturelle bienvenue dans un habitacle qui aurait pu rester générique. C’est bien fait, équilibré, agréable à vivre. Là où le bât blesse un peu, c’est du côté du système multimédia, clairement pas en tête de classe face à la concurrence coréenne ou allemande. Et les compteurs, suffisamment sages pour qu’on se demande si un cadran analogique n’aurait pas mieux défendu l’âme sportive de la bête.

Mais la Honda Prelude réserve une petite attention qu’on n’attendait pas : les deux sièges ne sont pas identiques. Celui du passager privilégie le confort, celui du conducteur le maintien latéral. Petit détail qui dit beaucoup sur les intentions de Honda : cette voiture est pensée pour être conduite, et on ne plaisante pas avec ça. Et l’arrère ? Ce sera pour dépanner. C’est un 2+2, ce sera parfait pour les sacs du week-end. Quoique le coffre est de taille généreuse.

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L’insert effet papier japonais et les commandes physiques rappellent que Honda n’a pas oublié ses racines.

Au volant : une légèreté qui surprend

C’est ici que la Prelude sort vraiment du lot. Pas question de céder aux sirènes du tout électrique, ni d’intégrer une mécanique hybride traditionnelle. Honda a opté pour une architecture appelée e:HEV — déjà connue notamment sur la Civic, mais encore améliorée ici — une hybride dite « inversée » : le moteur électrique entraîne les roues, tandis que le moteur thermique se charge de produire de l’énergie en agissant comme une génératrice. En pratique, cela donne une conduite à dominante électrique — souple, silencieuse à bas régime — avec le son et les sensations du thermique quand on pousse. Pas besoin de prise, pas de surpoids à traîner, une consommation réduite : le tout sans le sentiment d’ascèse qu’impose souvent une électrique pure. Honda a réussi le tour de force de proposer une motorisation qui allie les avantages de l’électrique et du thermique, sans leurs inconvénients. C’est malin, c’est abouti, et ça fonctionne remarquablement bien.

On prend la route et la Honda Prelude se révèle aussitôt généreuse. La puissance est là, disponible immédiatement, avec ce couple instantané propre à l’électrique qui donne l’impression de piloter quelque chose de bien plus costaud que les 180 chevaux qu’elle délivre. La direction est précise, le châssis bien planté, tandis que l’empattement court et le train avant hérité du génie de la Civic Type R rend la voiture agile, vive, communicative, quoique légèrement sous-vireuse, mais c’est une question de goùt. À vitesse plus soutenue, l’élan se tasse un peu : quelques chevaux supplémentaires ne feraient pas de mal pour tenir compagnie aux autoroutes allemandes. Mais sur route de montagne valaisanne, elle s’exprime avec bonheur.

D’ailleurs, c’est ici que toute l’innovation de la motorisation prend son sens, car l’on pourrait dire qu’un avantage du thermique, pourtant essentiel au plaisir de conduite, n’a pas été énuméré : le passage de vitesses. C’est là que le mode Shift+ entre en scène : il simule des passages de rapports via le moteur thermique avec un naturel désarmant. On actionne les palettes derrière le volant comme sur une vraie boite, le moteur monte en régime, plafone, on passe le rapport, et ça repart. C’est le vrai moteur qui tourne, c’est un vrai son, c’est un vrai changement de régime, mais sans boîte de vitesse car, on le rappelle, c’est toujours le moteur électrique qui propulse le coupé. Le son légèrement amplifié, les à-coups au bon moment parviennent à restituer un plaisir mécanique qu’on ne soupçonnait pas dans une hybride. Chapeau.

En ville, elle se montre confortable et docile — avec une mise en garde : la visibilité arrière trois-quarts est franchement décevante, et les manœuvres demandent un peu de méthodologie. Sur route pas de souci, c’est une vraie routière confortable qui pourra, en toute sobriété, avaler les kilomètres.

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Le mode S+ joue la partition mécanique avec un naturel désarmant : le son, les à-coups, l’adrénaline — tout y est.

Conclusion : La Prelude est de retour, et elle l’avait dans le sang. (8/10)

Il lui manque peut-être quelques chevaux sous le pied droit et un capot légèrement plus généreux pour aller titiller les coupés de prestige. Mais à ce prix — franchement compétitif — elle offre quelque chose de rare : une voiture jolie à regarder, bien construite, confortable au quotidien et véritablement plaisante à conduire, portée par une technologie hybride qui tient enfin toutes ses promesses.

La Honda Prelude n’est pas un retour nostalgique. C’est une vraie voiture, pour de vrai, pour le futur, et une démonstration de force face à ceux qui forcent le passage à l’électrique ou à l’hybride rechargeable. Et ça, dans un marché encombré de SUV sans âme, ça a le mérite qu’on s’y arrête.

Merci à Honda Suisse pour le prêt de cette voiture.

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